Every Breath You Take

Attention, c’est pas pour les enfants.


Carine n’était jamais parvenue à se détacher de ce sentiment de gêne chaque fois que… Chaque fois que quoi ? Ça non plus, elle n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Le malaise était diffus, la prenait toujours à revers et par surprise, et il ne durait que quelques minutes. Des minutes si fugaces qu’elles ne semblaient même pas exister. Et pourtant, elles étaient réelles ces quatre minutes trente qui ruinaient sa vie. Car oui, elle avait chronométré le phénomène, et s’il n’était pas périodique, il était tout de même régulier.

Cela pouvait survenir à tout moment, n’importe où et c’était totalement indépendant de son humeur ou des gens avec lesquels elle se trouvait. Rien n’était logique, rien. Mais elle avait arrêté depuis longtemps de s’en tenir strictement aux explications rationnelles, ça ne faisait qu’inviter un peu plus de folie dans son existence.

Depuis que Carine voyait Warren régulièrement, cela revenait de plus en plus souvent. Et là pendant qu’ils faisaient l’amour, c’était revenu. A chaque fois ça revenait. Elle n’en pouvait plus. Elle cria. Un cri sauvage, rauque, bestial, énervé. Évidemment, Warren se méprit totalement sur la nature de son cri : il sourit bêtement en s’abandonnant.

Finalement, Carine l’aimait de moins en moins ce con.

*

… I’ll be watching you, I’ll be watching you…

Dans l’appartement du dessus, Caleb reposa sa guitare. La greluche qui l’avait plus écouté avec ses yeux humides qu’avec ses oreilles laissa échapper un petit soupir d’aise et se rapprocha langoureusement de lui.

– Elle est trop belle cette chanson, c’est de qui déjà ? Phil Collins ?

– C’est The Police…

– Oh…

Cruchonne.

– Viens par ici et tais-toi, lui dit-il en l’attirant contre lui d’une main et en lui passant l’autre sous sa juppe.

Elle ne trouva rien de mieux à faire que de venir lui baver dans la bouche, Caleb la fit cesser presque immédiatement en lui enlevant ton T-shirt. Pas de soutien-gorge, parfait. Les paroles obsédantes tournaient et retournaient dans sa tête alors qu’elle couinait au-dessus de lui.

… Every smile you fake, every claim you stake, I’ll be watching you…

Mais c’était cette autre fille que Caleb voyait. Carine. Le temps n’y faisait rien. Elle demeurait son obsession, sa douleur. Et chaque fois, il se vengeait. Il retourna la fille, qui gloussa. Il la fit taire en reprenant son ouvrage de plus belle.

Il cria. Comme un animal en cage.

… Oh, can’t you see, you belong to me…

*

– Oh ! fit Warren. T’as entendu ? On dirait qu’au-dessus aussi, ils prennent leur pied.

Carine ne dit rien. Frissonnante, elle se dégagea de l’étreinte de Warren et s’enroula dans la couverture.

– Hey, mais j’ai froid !

Bien fait pour toi, couillon.

Et si vous croyez encore que « Every Breath You Take » est une jolie chanson d’amour, penchez vous sur les paroles d’un peu plus près. http://en.wikipedia.org/wiki/Every_Breath_You_Take

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2 Commentaires

Classé dans Micro-histoire

2 réponses à “Every Breath You Take

  1. Alysse

    Ouais !!
    Aime

  2. =) ah mais tant mieux !

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